THEATRE DE L’ILE SAINT LOUIS - Paul Rey -

39 Quai d’Anjou-75004 PARIS – 01.46.33.48.65.

HAMLET

Ou Les Suites de la Piété Filiale.

De Jules LAFORGUE.

Interprété par Jacques ROEHRICH.

 Collaboration à la Mise en scène : Nouchka Ovtchinnikoff et Sylvain Corthay.

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Jules LAFORGUE : (1860-1887).  Né à Montévidéo (comme Lautréamont et Supervielle). Inventeur du » vers libre ». Mort à 27 ans. Auteur des Complaintes (1885) et des Moralités Légendaires (1886) dont fait partie Hamlet.

Le jeune poète, fréquentant aussi bien la Bibliothèque Sainte-Geneviève que le Club des Hydropathes… et pourtant atteint d’une «timidité maladive », obtient le poste de lecteur de l’Impératrice d’Allemagne.

Sans doute ce trop sérieux jeune-homme eut-il, pendant ses séances de lecture à cette barbante Cour, des envies fulgurantes de déraper, de folâtrer autour des mots, de ricaner de sa situation : ne voilà t’il pas qu’il revisite et détourne les mythiques personnages de Persée et Andromède, Salomé, Lohengrin ou Hamlet, et nous concocte ici une savoureuse et saine parodie, tantôt facétieuse et décapante, mais bientôt teintée d’Inquiétante – Etrangeté : nous façonnant alors un Impertinent résumé et une bien Pertinente réflexion sur notre monde contemporain :  « L’Humour, à la fois antidote et masque du désespoir ».

Pour Jean-Louis Barrault, qui créa ce texte en 1939 sur la scène de l’Atelier : « Le Hamlet de Jules Laforgue est un Hamlet écrit, non pas par Shakespeare, mais par un autre Hamlet ».

Alors :  « Prenez place, je dois faire le fou », et quoiqu’il en soit : « C’est plus fort que moi ».

                                                                                                                 

REPRESENTATIONS  DU 13 AVRIL AU 31 MAI 2001

à 19 heures - Dimanche 15 heures-

-         Relâche Lundi  -

RELACHE EXCEPTIONNELLE  du 4 AU 8 MAI et du 18 AU 22 MAI.

PRESENTE PAR LA COMPAGNIE :VUE SUR JARDIN

Lumières : Frédéric DE ROUGEMONT

Jean-Louis Barrault a créé Hamlet de Laforgue au Théâtre de l’Atelier en 1939

Francis Huster a fait une adpatation de Hamlet qu’il a présentée en 1974

Jacques Roehrich fera quelques aménagements et coupures de Hamlet, apparaissant comme nécessaires pour une présentation scénique, d’une heure quinze environ, Théâtre de l’Ile Saint-Louis (avril 2001)

Un Pierrot fané, usé, buriné, loufiat de l’Impératrice, éternel démodé qui s’accroche mordicus à sa Lune de Pierrot et à ses ritournelles, à ses certitudes : Travail sur la dérision, le pitoyable d’un Noble Acteur vieillissant, rêvant à un improbable Hamlet à venir ;

Pensez-donc : il n’en a même pas la panoplie, lui, un éternel Rozencrantz, un inévitable mais nécessaire Hallebardier consciencieux, qui décide alors de « conter » son Hamlet, après 30 ans de métier.

Conter son Hamlet, comme le fragile et timide Laforgue a pu le faire, engagé comme lecteur de l’Impératrice Augusta, avec très certainement des envies fulgurantes de déraper, de ricaner de sa situation, d’ironiser sur lui-même, sur le Prince et sur leur interprète.

Economie, Economie !

Des mots, des maux !

Cet Hamlet-là et ce Fumiste de Laforgue nous apportent ici :

-Une délicatesse désarmante, une cocasserie décapante, une diction incisive, des ruptures de  rythme époustouflantes

-Une poésie subtile à aborder en toute simplicité, en toute Economie, Horatio !…

Mais rassurez-vous, spécialistes ès-lettres, (est-ce l’être ?…)

Shakespeare est là, toute la pièce est là, tout Hamlet est là, du moins le peu que j’en sache, comme dans un condensé fulgurant à la sauce cabaret, troublé parfois de quelques inquiétantes toux phtisiques.

Le cadre exceptionnel et intimiste du Théâtre de l’Ile Saint-Louis (50 places), situé dans un des plus beaux endroits de Paris, convient, me semble-t’il parfaitement à la petite musique de Laforgue.

(Jules n’aurait il pas séjourné quelques mois au 5 du quai d’Anjou ?; il y décrit une tour, un pigeonnier…)

                                                                                              Jacques ROERICH

                                                                                              Janvier 2001

 

Jacques ROEHRICH

 

De Molière à Tardieu, de Shakespeare à Musset, de Céline à Brecht, de Marivaux à Courteline, de Michel Tournier à Jules Romains et à Ghelderode…

Des rôles de Madame Pernelle à Scapin, de Bonaparte à Chopin, de Burrhus à Pierrot, de Don Cesar de Bazan à l’Ange Gabriel, d’Harpagon à Knock, de George Dandin à Diafoirus…

De centres Dramatiques Nationaux au Théâtre du Peuple de Bussang, de Seattle à Vierzon, de Moscou à la Biennale de Venise, de nombreuses Compagnies Régionales à plusieurs Théâtres parisiens…

Formé par René Simon puis Sacha Pitoëff, Jacques Roehrich joue, depuis 1969, beaucoup de rôles du répertoire classique, et pour exemple Knock (Knock de Jules Romains), le Neveu (le Neveu de Rameau de Diderot), le Chevalier (La Locandiera de Goldoni), Bazile et Brid’Oison (Le Mariage de Figaro de Beaumarchais), Oronte (Rodogune de Corneille)… mais également de nombreuses créations telles celles de Victor Haïm, Michel Seuphor, Yoland Simon, Rafaël Alberti, J.Murell (Pitou dans Sarah et le cri de la langouste)…

 

Depuis plusieurs années il participe au travail de Joël Dragutin au Théâtre 95 de Cergy Pontoise et à celui de Francis Sourbié (xx°Théâtre-Paris)ainsi qu’à de nombreuses tournées à l’étranger pour y présenter les Classiques Français dans les Universités.

 

A la télévision on lui confie des personnages historiques tels que Bonaparte, Chopin, Vigny, Léopold Mozart et… Michel Rocard . Il participe également à des dramatiques de Serge Moatti, Pierre Cardinal et Philippe Miquel, entre autres.

 

Au cinéma il tourne avec Yannick Bellon, Jacques Doillon, Daniel Y.Yaneck, Bruno Nuytten, Gilles Mimouni, Agneska Holland…

 

Assistant pour des Productions Lyriques, il est aussi récitant pour Lélio de Berlioz et pour Manfred de Schumann, avec l’orchestre Philarmonique de Mulhouse, sous la direction de Cyril Diederich, Les Sept dernières Paroles du Christ de Haydn, Les Enfants à Bethléem de Pierne, Le Soldat de l’Histoire du Soldat de Stravinsky.



Jules LAFORGUE

1860 – 1887

 

Né à Montevideo (comme Lautréamont et Supervielle…)

Il fait ses études à Tarbes, puis à 16 ans, à Paris ( au lycée Condorcet) : il fréquente assidûment la Bibliothèque Sainte-Geneviève.

 

« Ah ! Que ne suis-je un simple clerc à Paris, montagne Sainte Geneviève où fleurit en ce moment une école de néo-alexandrins »

 

Il fréquente les « soirées des Hydropates » où il se lie à de jeunes poètes, chansonniers, comédiens et publie ses premiers poèmes ainsi que des essais sur les grands peintres.

Encouragé par Paul Bourget et Charles Ephrussi, il réussit à vaincre une timidité maladive pour obtenir le poste de lecteur de l’Impératrice d’Allemagne, Augusta, et se rend à Baden-Baden et Berlin.

Il se lie d’amitié avec un jeune compositeur et violoniste, Eugène Ysaye.

Il fait alors des croquis, écrit des notes, des articles pour la Gazette des Beaux-Arts et compose ses premières Complaintes (1884), suivi de l’Imitation de Notre Dame La Lune et de plusieurs des Moralités Légendaires dont fera partie Hamlet.

Rédactions chaotiques, travail remanié, en coups de tête, ébauches…

« La destiné d’un artiste est de s’enthousiasmer et se dégoûter d’idéaux successifs »

Viennent des commentaires plutôt réticents sur les libertés prises par Laforgue en matière de poésie, mais aussi  de sympathiques témoignages de Mallarmé, Huysmans, H. de Regnier, le peintre Seurat..

En 1886, Jules Laforgue visite Elseneur et son intérêt pour Shakespeare (et Walt Whitmann) le décide à prendre des leçons d’anglais auprès de Miss Leah Lee qu’il épousera à Londres après avoir démissionné de son emploi.

Atteint de Phtisie, il meurt à 27 ans, Miss Leah Lee le rejoint un an plus tard, à 27 ans elle aussi…

 

En l’AN 2000/2001 – Pourquoi LAFORGUE ? 1860/1887

 

Parce que c’est un poète !

Parce qu’il parle d’amour !

                                                               D’amour impossible

                                                                                                              Et

                                                                                                                             De trop grand mal être

Parce qu’il aime                                   -pré Bourvil du 19ème siècle –trop laid pour être aimé-

                                                               Antihéros, ni Morisson, ni Redford, ni Jagger

                              

                                                               Les femmes ou la lune

Parce que c’est un Pierrot

                                                               Et Pierrot n’a plus rien à voir avec notre aujourd’hui…

                                                               Pierrot n’intéresse plus que quelques Colombines de 10 ans et

                                                               Au mieux quelques spectateurs de ciné-club…

Par contre,                                            si c’est un « Simple »

                                                               Ce n’est pas d’un Simple Pierrot qu’il s’agit,

                                                               C’est là peut-être qu’il est notre aujourd’hui…

Car

                                                               Celui-ci a l’Humour sur lui-même, la dérision, l’ironie sur son état…

Alors ?

                                                               A qui dire Laforgue ?

                                                               A qui parler d’Amour ?

                                                                              A des lycéens dont l’urgence est le prochain pétard ? (6.35 ou 7.65)

                                                                              A des ménagères pour qu la lune est dans chaque horoscope ?

                                                                              A des chômeurs en fin de droit ?

                                                                              A des immigrés en route vers le prochain charter ?

Et pourquoi pas ?

                                                               Tous ces « à-côté de leurs godasses »

                                                               Sont peut-être bien les seuls qui accueilleraient ce paumé de Jules !

                                                               Il va falloir tarisser large !

                                       Yves THOUVENEL

                                                                                                              Février 1998